Transmission 2026

Droits de succession 2026 : calcul, abattements et exonérations

Abattement de 100 000 € par enfant en ligne directe, barème progressif de 5 % à 45 %. Le conjoint survivant et le partenaire de PACS sont totalement exonérés depuis 2007.

Lien avec le défunt Abattement
Conjoint / partenaire PACS Exonération totale
Enfant (ligne directe descendante) 100 000 €
Parent (ligne directe ascendante) 100 000 €
Frère ou soeur 15 932 €
Neveu ou nièce 7 967 €
Personne handicapée (cumulable) 159 325 €
Autre héritier 1 594 €

Qui paie les droits de succession ?

Les droits de succession sont dus par chaque héritier, légataire ou donataire, sur la part nette qu'il reçoit dans la succession. Le montant varie selon deux facteurs : la valeur de la part héritée (après abattement) et le lien de parenté avec le défunt.

Plus le lien de parenté est éloigné, plus le taux d'imposition est élevé. Un enfant héritant de ses parents paiera entre 5 % et 45 %. Un neveu sera taxé à 55 %. Une personne sans lien de parenté subira un prélèvement de 60 % après un abattement de seulement 1 594 €.

Le paiement intervient lors du dépôt de la déclaration de succession, dans un délai de 6 mois suivant le décès (12 mois si le décès a eu lieu hors de France métropolitaine). Un paiement fractionné ou différé peut être accordé sur demande, sous conditions et moyennant des intérêts.

Barème en ligne directe (enfants, parents)

Après application de l'abattement de 100 000 €, la part nette taxable est soumise au barème progressif suivant :

Part nette taxable Taux
Jusqu'à 8 072 € 5 %
De 8 072 € à 12 109 € 10 %
De 12 109 € à 15 932 € 15 %
De 15 932 € à 552 324 € 20 %
De 552 324 € à 902 838 € 30 %
De 902 838 € à 1 805 677 € 40 %
Au-delà de 1 805 677 € 45 %

Ce barème est progressif par tranches, comme l'impôt sur le revenu. Seule la fraction de la part dépassant chaque seuil est taxée au taux correspondant. Par exemple, un enfant héritant de 200 000 € (après abattement de 100 000 €, part nette taxable de 100 000 €) ne paiera pas 20 % sur la totalité, mais une moyenne effective inférieure.

Barème pour les autres héritiers

Lien de parenté Taux applicable
Frères et soeurs : jusqu'à 24 430 € 35 %
Frères et soeurs : au-delà 45 %
Parents jusqu'au 4e degré (neveux, oncles, cousins germains) 55 %
Autres héritiers, non-parents, concubins 60 %

Les frères et soeurs vivant sous le même toit que le défunt bénéficient d'une exonération totale sous conditions strictes : être célibataire, veuf, divorcé ou séparé, avoir plus de 50 ans ou être atteint d'un handicap, et avoir vécu avec le défunt pendant les 5 ans précédant le décès.

Calcul de l'actif net taxable

La base de calcul des droits de succession est l'actif net taxable, c'est-à-dire la valeur totale des biens du défunt diminuée des dettes déductibles.

Actif brut Tous les biens au jour du décès
  • Biens immobiliers (valeur vénale)
  • Comptes bancaires, livrets, PEA
  • Placements financiers (actions, obligations, SCPI)
  • Véhicules, oeuvres d'art, bijoux
  • Meubles (forfait 5 % de l'actif brut ou inventaire)
Passif déductible Dettes prouvées et justifiées
  • Emprunts en cours (capital restant dû)
  • Impôts dus par le défunt (IR, taxe foncière)
  • Frais funéraires (forfait 1 500 € maximum)
  • Factures non réglées au jour du décès
Actif net taxable = Actif brut - Passif

La résidence principale du défunt bénéficie d'un abattement supplémentaire de 20 % sur sa valeur vénale, à condition qu'elle soit occupée par le conjoint survivant, un enfant mineur ou majeur protégé, ou un enfant handicapé.

Exemple : succession de 400 000 € avec 2 enfants

Un parent décède, laissant un patrimoine net de 400 000 €. Deux enfants héritent à parts égales. Le conjoint survivant est exonéré.

Calcul pour chaque enfant

Part brute (400 000 € / 2) 200 000 €
Abattement en ligne directe - 100 000 €
Part nette taxable 100 000 €
Tranche 0 - 8 072 € (5 %) 403,60 €
Tranche 8 072 - 12 109 € (10 %) 403,70 €
Tranche 12 109 - 15 932 € (15 %) 573,45 €
Tranche 15 932 - 100 000 € (20 %) 16 813,60 €
Droits par enfant 18 194,35 €
Total droits (2 enfants) 36 388,70 €

Le taux effectif pour chaque enfant est de 18,2 % sur la part taxable (18 194 € sur 100 000 €), soit 9,1 % de la part brute héritée (200 000 €). Cela montre l'importance de l'abattement de 100 000 € qui réduit considérablement la charge fiscale en ligne directe.

Donations et reconstitution des abattements

Les donations effectuées dans les 15 années précédant le décès sont réintégrées dans la succession pour le calcul des droits. Plus précisément, elles viennent réduire l'abattement disponible au moment du décès.

Si un parent a donné 60 000 € à son enfant il y a 10 ans, l'abattement restant au moment de la succession n'est que de 40 000 € (100 000 - 60 000). En revanche, si la donation date de plus de 15 ans, l'abattement est totalement reconstitué.

Stratégie courante : donner 100 000 € par parent et par enfant tous les 15 ans permet de transmettre un patrimoine important en franchise totale de droits. Un couple avec deux enfants peut ainsi transmettre 400 000 € tous les 15 ans sans aucun droit de succession. Pour les donations en numéraire, un abattement supplémentaire de 31 865 € s'ajoute si le donateur a moins de 80 ans et le donataire est majeur.

Questions fréquentes

Le conjoint survivant paie-t-il des droits de succession ?
Non. Depuis la loi TEPA du 21 août 2007, le conjoint survivant (marié) et le partenaire de PACS sont totalement exonérés de droits de succession, quel que soit le montant hérité. Cette exonération est automatique et ne nécessite aucune démarche particulière. En revanche, les concubins (union libre) ne bénéficient d'aucun abattement spécifique et sont taxés au taux de 60 % après un abattement de 1 594 €.
Comment est calculé l'actif net taxable ?
L'actif net taxable est la base sur laquelle les droits de succession sont calculés. On part de l'actif brut (valeur de tous les biens du défunt au jour du décès : immobilier, comptes bancaires, placements, véhicules, meubles), puis on soustrait le passif déductible (dettes du défunt prouvées, frais funéraires dans la limite de 1 500 € forfaitaires, impôts dus non encore payés). La part de chaque héritier dans l'actif net est déterminée selon les règles de dévolution successorale ou les dispositions testamentaires.
Les assurances-vie entrent-elles dans la succession ?
Le capital décès d'un contrat d'assurance-vie bénéficie d'un régime dérogatoire. Pour les versements effectués avant les 70 ans de l'assuré, chaque bénéficiaire profite d'un abattement de 152 500 € (article 990 I du CGI). Au-delà, un prélèvement de 20 % s'applique jusqu'à 700 000 €, puis 31,25 %. Pour les versements après 70 ans, seules les primes versées (pas les gains) intègrent la succession, avec un abattement global de 30 500 € réparti entre tous les bénéficiaires (article 757 B). Les intérêts générés restent exonérés.
Peut-on réduire les droits de succession ?
Plusieurs stratégies permettent de diminuer la charge fiscale. La plus courante est la donation anticipée : les abattements se reconstituent tous les 15 ans, ce qui permet de transmettre 100 000 € par parent et par enfant tous les 15 ans en franchise de droits. Le démembrement de propriété (donation de la nue-propriété en conservant l'usufruit) réduit la base taxable grâce au barème fiscal de l'usufruit. La SCI familiale permet de bénéficier d'une décote de 10 à 15 % sur les parts. Enfin, l'assurance-vie constitue un outil de transmission hors succession avec ses propres abattements.

Sources officielles

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