Taux de cotisations 2026 par activité
Les cotisations sociales du micro-entrepreneur sont calculées en pourcentage du chiffre d'affaires encaissé (et non facturé). Elles sont déclarées et payées mensuellement ou trimestriellement via le portail autoentrepreneur.urssaf.fr.
| Type d'activité | Taux cotisations sociales | Plafond CA 2026 |
|---|---|---|
| Vente de marchandises (BIC) | 12,3 % | 188 700 € |
| Prestations de services BIC (artisanat, industrie) | 21,2 % | 77 700 € |
| Prestations de services BNC (libéraux CIPAV) | 21,2 % | 77 700 € |
| Professions libérales hors CIPAV (SSI) | 21,1 % | 77 700 € |
| Location de meublés de tourisme classés | 6 % | 188 700 € |
Ces taux incluent l'ensemble des cotisations sociales : assurance maladie-maternité, retraite de base, retraite complémentaire, invalidité-décès, allocations familiales et CSG-CRDS. Ils n'incluent pas la formation professionnelle (0,1 à 0,3 % selon l'activité) ni la contribution à la chambre de commerce ou de métiers.
Cotisation de formation professionnelle (CFP)
En plus des cotisations sociales, le micro-entrepreneur verse une cotisation de formation professionnelle :
- Commerçants : 0,1 % du CA
- Artisans : 0,3 % du CA (+ 0,004 % taxe apprentissage)
- Professions libérales : 0,1 % du CA (0,2 % pour les membres d'un ordre)
Cette cotisation ouvre droit à la formation professionnelle via le CPF, mais aussi à des formations spécifiques proposées par les FAF (Fonds d'Assurance Formation).
CFE et autres taxes obligatoires
Cotisation Foncière des Entreprises (CFE)
La CFE est due par tous les micro-entrepreneurs dès la deuxième année d'activité. Son montant varie selon la commune et le chiffre d'affaires. En 2026, les micro-entrepreneurs bénéficient d'un barème minimum allégé :
- CA inférieur à 10 000 € : CFE minimum réduite (souvent entre 200 et 500 € selon la commune)
- CA entre 10 000 € et 32 600 € : base CFE standard (entre 500 et 1 000 € environ)
- CA supérieur à 32 600 € : base CFE standard commune
Exonération la première année : les micro-entrepreneurs sont exonérés de CFE l'année de création de leur activité. L'exonération est automatique et ne nécessite aucune démarche.
TVA : franchise en base
En 2026, les micro-entrepreneurs bénéficient de la franchise en base de TVA tant que leur CA reste sous les seuils (77 700 € pour les services, 188 700 € pour les marchandises). Au-delà, ils doivent collecter et reverser la TVA. Cette obligation modifie profondément le modèle économique : prix TTC à revoir, déclarations mensuelles, comptabilité plus complexe.
Versement libératoire de l'IR : avantage ou piège ?
Le versement libératoire (VL) permet de payer l'impôt sur le revenu en même temps que les cotisations sociales, sous forme d'un pourcentage fixe du CA. Il est optionnel et soumis à une condition de revenu fiscal de référence (RFR) du foyer de l'année N-2.
| Activité | Taux VL IR | Taux total (cotis. + VL) |
|---|---|---|
| Vente de marchandises | 1 % | 13,3 % |
| Prestations de services BIC | 1,7 % | 22,9 % |
| Prestations libérales BNC | 2,2 % | 23,3 % |
Le VL est avantageux si votre TMI est supérieure au taux du VL. Il devient un piège si votre revenu global est faible et que vous seriez peu ou pas imposé sans le VL : dans ce cas, vous payez l'IR sur votre CA même sans revenus nets suffisants. Il faut comparer le taux VL avec votre TMI réelle en intégrant l'abattement forfaitaire micro (50 % ou 71 %) qui s'applique sans VL.
Exemple : prestataire BNC avec 30 000 € de CA, célibataire sans autres revenus.
- Sans VL : revenu imposable = 30 000 × 66 % (abattement 34 %) = 19 800 € → IR ≈ 1 000 € (TMI 11 %)
- Avec VL : IR = 30 000 × 2,2 % = 660 € → VL avantageux ici
Contre-exemple : même prestataire avec 10 000 € de CA.
- Sans VL : revenu imposable = 6 600 € → non imposable (sous le seuil)
- Avec VL : IR = 10 000 × 2,2 % = 220 € → VL coûte de l'argent
Comparaison : ME vs portage salarial vs SASU
Pour un consultant ou freelance, trois structures sont principalement comparées. Voici une synthèse pour un CA de 60 000 €/an :
| Statut | Charges sociales | Net estimé | Avantages |
|---|---|---|---|
| Micro-entrepreneur (services BNC) | 21,2 % sur CA = 12 720 € | ≈ 38 000 € (avant IR) | Simplicité, pas de charges fixes |
| Portage salarial | 45 à 50 % sur CA net (frais gestion 5-10 %) | ≈ 28 000 € net | Statut salarié, chômage |
| SASU (dirigeant assimilé salarié) | Variable selon rémunération | ≈ 30 000-40 000 € optimisé | Optimisation dividendes, TVA récupérable |
Le portage salarial est plus coûteux mais offre le statut salarié avec droit au chômage. La SASU devient plus avantageuse au-delà de 50 000-60 000 € de CA, notamment grâce aux dividendes au PFU.
Quand quitter le statut de micro-entrepreneur ?
Le passage en société (SASU, EURL) est à envisager dans plusieurs situations :
- CA proche des plafonds : au-delà de 77 700 € (services) ou 188 700 € (marchandises), vous perdez automatiquement le régime micro et basculez en régime réel. Anticipez.
- Charges déductibles importantes : si vous avez des frais professionnels élevés (matériel, sous-traitance, locaux), le régime réel permet de les déduire contrairement au micro qui applique un abattement forfaitaire.
- Clients assujettis à TVA : dès que vos clients sont des entreprises (B2B) soumis à TVA, votre statut ME sans TVA peut être discriminant (vous ne récupérez pas la TVA sur vos achats).
- Optimisation fiscale : en SASU, vous pouvez vous verser des dividendes au PFU 30 % et moduler votre rémunération pour minimiser l'imposition globale.
- Protection du patrimoine personnel : la micro-entreprise n'offre pas de séparation stricte entre patrimoine personnel et professionnel (malgré la déclaration d'insaisissabilité possible).
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